Des actions concrètes pour barrer la route du sexisme aux Glénans

Dans cet article, nous proposons plusieurs idées concrètes, faciles à mettre en place en tant qu’encadrant.e aux Glénans, de croisière ou de voile légère, pour barrer la route au sexisme et donc plus largement aux violences sexistes et sexuelles (VSS) dans ton stage.

« En tant qu’encadrant.e.s, nous avons un rôle quotidien à jouer dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ! »

  1. Rendre les WC toujours accessibles

Action : Je m’assure que les WC sont toujours bien accessibles, en mer comme au mouillage.

Méthode : Je passe le message à mes stagiaires que les WC doivent être accessibles. Je décide avec mon équipage en début de stage où doivent être rangés les pare-battages, les brassières, les housses de spi et autres encombrants qui ont une fâcheuse tendance à s’y retrouver.

Raison : L’accès aux WC est une nécessité, notamment pour les femmes qui n’ont pas d’autres alternatives, ou pendant leurs règles. Il en va de la bonne santé de ton équipage. En mer, aller aux toilettes relève souvent d’une mission acrobatique, surtout avec la gîte, alors s’il faut en plus dégager le passage, tes stagiaires risquent de se blesser.

  1. Faire tourner les rôles en nav’

Action : Je m’assure que tou.te.s les équipier.e.s tournent à tous les rôles sur le bateau.

Méthode : Je passe le message à mes stagiaires que les rôles tourneront de manière systématique. Par exemple :

  • Dans le sens horaire pour les rôles dans le cockpit
  • 30 mn par personne à chaque poste
  • 1 jour = 1 préparateur de la nav’

En voile légère, si je remarque qu’une personne n’ose jamais prendre un rôle (la barre, se mettre au trapèze, gérer le spi…), je peux la prendre sur mon bateau lors de la prochaine sortie sur l’eau. Je lui laisse faire ce qu’elle n’ose pas souvent faire pour la mettre en confiance et qu’elle se sente plus à l’aise à le faire lorsqu’elle sera avec d’autres stagiaires.

Raison : Les membres de l’équipage n’ont pas tous la même aisance pour réclamer un poste sur le bateau. Même si tu demandes « Qui veut prendre la barre ? », certains n’oseront pas s’affirmer. Alors systématiser le roulement des postes permet de donner sa chance à tout le monde pour progresser.

  1. Répartir les tâches quotidiennes équitablement

Action : En tant que MDM à terre ou que mono en embarqué, je m’assure que tous les stagiaires prennent part à toutes les tâches quotidiennes : cuisine, nettoyage, rangement, vaisselle…

Méthode : En embarqué, en début de stage, j’organise avec mes stagiaires un tableau, en ligne les tâches et en colonne les prénoms. On répartit les tâches de façon équitable (dans la mesure du possible bien sûr : mal de mer… ).

En tant que MDM, je m’assure que tout le monde participe à chaque étape de la bordée. Je ne congédie personne tant que tout n’est pas fini.

Raison : C’est le rôle de l’encadrant.e de faire respecter la parité dans les tâches quotidiennes  pour que tout le monde ait le temps de naviguer, de profiter de temps libre, ou se reposer !

  1. Veiller aux lieux d’intimité

Action : En embarqué, je veille au fait que chacun ait son intimité.

Méthode : Pour la répartition des cabines, je veille à ce que les personnes qui demandent à être dans des cabines non-mixtes le soient. Il est aussi possible de faire tourner les cabines chaque nuit. Je peux prendre à part les personnes qui n’ont pas trop osé s’exprimer au moment de la répartition avec le groupe pour vérifier que ça leur convient.

Pour les personnes qui dorment dans le carré, les autres cabines peuvent servir de lieu d’intimité pour se changer, pour se reposer etc. C’est important de le préciser au début du stage, pour que chacun.e se sente à l’aise.

Raison : Chacun a besoin d’intimité !

  1. Faire attention aux contacts physiques

Action : Je m’assure que tout le monde est prévenu lors d’éventuels contacts physiques.

Méthode : Il peut arriver de devoir avoir un contact physique pour mener certaines actions lorsqu’on encadre, notamment en voile légère. Si je dois avoir un contact physique, je préviens. Par exemple, « je vais te tenir par ici », « tu peux t’allonger sur moi pour ressaler ». Si c’est dans l’urgence, je peux m’excuser et en parler après. Tu peux aussi transmettre cette bonne pratique au reste de l’équipage.

Raison : tout le monde n’est pas nécessairement à l’aise avec les contacts physiques. Prévenir permet de minimiser la gêne. Par ailleurs, certains contacts physiques se rapprochent dangereusement de l’agression sexuelle. Donc à limiter !

  1. Rappeler les règles du jeu dès le début du stage : nous sommes ici pour vivre ensemble.

En tant qu’encadrant.e, je me dois de mettre en place un climat bienveillant. Je peux mettre en place un contrat de formation avec les stagiaires, durant lequel j’inclus les violences sexistes et sexuelles (VSS). Je rappelle que chacun.e se doit d’être courtois.e et de respecter les autres. Tu peux trouver plus de suggestions concernant le contrat de formation sur ce document. Vous pouvez aussi vous mettre d’accord ensemble sur ce qui est autorisé ou non à bord (pouvoir uriner par-dessus bord ou seulement dans les WC, pouvoir se changer dans le carré ou seulement dans les cabines etc.)

Je peux rappeler quelques règles de base pour le vivre ensemble, les valeurs des Glénans et annoncer à mes stagiaires que je suis une personne ressource à qui on peut se confier. Toute la semaine, je suis vigilent.e à l’ambiance bienveillante et aux signaux qui peuvent annoncer des victimes de violences sexistes et sexuelles (VSS): éloignement du groupe ou d’une personne, changement de comportement (discrétion ou agressivité par exemple).

  1. Savoir réagir si on vient me confier des faits qui relèvent des violences sexuelles (harcèlement sexuel, agression sexuelle, viol)

Je me mets à part du groupe avec la personne qui vient me parler, pour qu’elle se sente à l’aise. Je la rassure sur le fait que son histoire ne sera pas divulguée.

Je pratique l’écoute active en 3 phases : questionnement, reformulation, synthèse. Je commence par questionner pour comprendre ce qui s’est passé : que s’est-il passé ? où ? quand ? Cela permet de comprendre le contexte. J’évite les questions qui commencent par « pourquoi » car elles sont culpabilisantes. Ensuite, je reformule en reprenant ses termes. Cela permet de vérifier que j’ai bien compris ce qu’elle m’a dit. Ensuite, nous faisons une synthèse. Cela permet de faire le point et de voir avec elle ce qu’elle veut faire. Je ne prends pas de décision sur la marche à suivre sans la consulter.

Je suis vigilent.e vis-à-vis de mes réactions : je ne l’interromps pas, je ne mets pas en doute ce que la personne me dit, je ne porte pas de jugement, je suis patient.e.

Ensuite, si elle est d’accord, je peux en parler à mon RTQ pour voir ensemble quelle décision prendre. Si la personne victime est mineure, je suis obligée de signaler le fait.

Pour aller plus loin

D’autres idées, tips et outils sont disponibles sur la trousse à outils pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles (VSS), que tu pourras retrouver sur la documentation de l’encadrement bénévole : doc.cebglenans.org. Le lien direct pour ce dossier trousse à outils est le suivant : outilscontrevss.cebglenans.org ! Tu pourras y retrouver un template de tableau de tâches quotidiennes de croisière, une liste des contacts en cas de questions sur le sujet, une fiche d’aide à la gestion des sanitaires et plein d’autres outils pour aider les encadrant.e.s sur le sujet !

Si cet article t’a plu, plusieurs posts sur le sujet seront diffusés sur notre Instagram (@lesglenans_encadrementbenevole) dans le courant des prochaines semaines. N’hésite pas à aller interagir dans leurs commentaires et dans les boîtes à questions de nos stories pour partager tes idées avec la communauté encadrantes ! Toutes les idées pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles aux Glénans en tant qu’encadrant.e et les partages d’expériences sont les bienvenues !

2 commentaires sur « Des actions concrètes pour barrer la route du sexisme aux Glénans »

  1. Est ce que cet article est vraiment sérieux ??! 20 ans que j’encadre aux Glénans, jamais vue de pb de sexisme généralisé ou latent. Est ce en stigmatisant les femmes comme « attention, ce n’est pas à Cindy de passer le balai les gars » que l’on va arriver à l’égalité ? « Y a une fille à bord, alors faite gaffe au ménage devant les chiottes! », imaginons l’effet réel … Une situation « normale » est une absence de pb, alors pourquoi en rajouter là où il n’y en a pas ? Je pense que la femmes de 2022 est parfaitement capable en 2022 de reconnaître un acte sexiste et surtout se défendre seule et que les équipes encadrantes ont toujours été à l’écoute. Stigmatiser le corps féminin jusqu’à demander aux bonhommes de faire gaffe aux contacts en cas de dessalage, de veiller à ce que le ménage soit bien réparti ou que place net soit faite devant les WC si femme à bord, je trouve ça juste hallucinant (pour ne pas dire insultant) ! A-t-on juste demandé ce que pensaient les stagiairEs sur l’exposition des problématiques menstruelles dans toutes les Cunés des îles ? Je pense qu’on se dirige droit vers un apartheid féministe aux Glénans avec bientôt des stages/équipages 100% féminins puis pk pas des îles hommes/femmes comme pour la séparation junior/adultes ? Le vivre ensemble à toujours été une valeur fondatrice des Glénans, qu’il le reste !

  2. Il était temps d’en parler. Trop de moniteurs sont persuadés que le sexisme n’existe pas aux Glénans. Merci pour l’accès aux toilettes, c’est effectivement un soucis. Merci aussi pour l’accès à la barre. J’ai eu comme stagiaire en 3i, une jeune fille qui en 7 ou 8 stages Glénans n’avait jamais (pas une fois) eu la barre pour une manoeuvre au moteur, ni lors d’une arrivée ou départ de port, ni lors d’un exercice. Elle n’avait jamais non plus refusé (ni demandé). Comme elle a réussi son A2C la semaine suivante, c’est qu’elle était capable, simplement ses moniteurs successifs ne l’ont jamais vu et je pense qu’ils n’ont même pas vu qu’il y avait un problème.

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