Sécurité : Échouement et voie d’eau dans un chenal étroit

Il y a quelques semaines, un bateau des Glénans a talonné dans la Manche. Malgré l’intervention de la SNSM, la marée semble avoir eu raison de la coque, gravement endommagée. Que retenir de cette expérience ?

Contexte

2h avant la marée basse, un bateau s’engage dans le chenal de Batz. Le chef de bord surveille un alignement arrière tendu. Entraîné par un courant portant et une vitesse surface importante, le bateau dépasse la zone de validité de l’alignement, talonne et s’arrête. Après une heure, il se couche sans protection contre une roche qui ouvre une voie d’eau. La SNSM intervient et tente un colmatage. Le bateau remis à flot par la montante est remorqué jusqu’au port, le pompage étalant à peine l’entrée d’eau. Bilan: pas de blessé mais de gros dégâts matériels, le bateau est gravement endommagé

Prévenir l’accident

Si je passe dans un endroit compliqué, ma navigation est-elle prête, avec un plan A, un plan B?…. et ceux-ci sont-ils partagés avec l’ équipage?

En cas de doute sur la navigation, en cas de dérive imprévue, saurai-je ralentir ou arrêter le bateau sur le fond, voire renoncer à m’engager, jusqu’à ce que tout soit clair? Montrer cette capacité à renoncer est d’ailleurs une bonne pédagogie vis-à-vis des stagiaires.

Si par malheur je talonne, la marée va-t-elle me dégager ou au contraire m’échouer?

Prévenir le suraccident

Veillez à la sérénité à bord et à la gestion de l’équipage. Sa sécurité de l’équipage passe avant tout.

Sans le mettre en danger, que puis-je tenter pour dégager le bateau? Pour orienter le côté sur lequel il se posera? Pour protéger sa coque avec des coussins, des voiles, des planchers, etc? L’annexe peut être d’un grand secours pour placer des protections, ou pour porter l’ancre et la mouiller à un endroit où elle empêchera le bateau de partir sans contrôle quand il se dégagera.

Ai-je alerté? Il est important de prévenir le CROSS et d’échanger de vive voix avec la/le RTQ dès le début d’un accident même si la situation ne semble pas exiger d’assistance immédiate. On décide mieux à plusieurs.

Auteurs : Philippe Laborie, Anne Thomas, Yann Lenotte et Vincent Régnard

3 commentaires sur « Sécurité : Échouement et voie d’eau dans un chenal étroit »

  1. Ce type d’aventure peut arriver à n’importe qui, c’est souvent un concours de circonstances qui va le provoquer.
    Dans ce cas, courant de jusant important dans un chenal étroit qui fait perdre de la manœuvrabilité au bateau .
    Il sera facile de dire après coup ce qu’il aurait fallu faire, Le seul remède est de naviguer, naviguer, naviguer…

  2. Est-ce une bonne idée de démarrer le moteur au point mort avant de passer dans une zone délicate afin de pouvoir réagir plus vite si on sort de la zone de sécurité ?

  3. Sur le papier, le moteur qui tourne peut-être un moyen de se sécuriser si on a un doute concernant sa capacité à conserver sa route fond, mais uniquement si le bateau fait route à plat ! Le moteur n’est pas fait pour fonctionner avec de la gite : lorsque le carter d’huile est penché, l’huile risque de ne plus être correctement aspiré et si le moteur n’est pas correctement lubrifié il va serrer, ce sera alors la panne moteur.
    Si le passage se fait au près cette solution n’en ait donc pas une.
    Au portant et au travers il est facile de changer de direction et le moteur n’est pas vraiment nécessaire sauf si le vent est faible.
    Dans les faits l’appuie moteur est donc rarement une solution pour prévenir un pilotage difficile sauf si l’on risque de manquer de vent.

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